(Xinhua) — Le vice-président colombien en visite au Pérou, Francisco Santos, a indiqué mardi qu’un accord commercial entre la Communauté andine des nations (CAN) et l’Union européenne (UE) contribuera à la lutte contre le trafic de drogue, en ouvrant le marché aux produits alternatifs.       M. Santos a indiqué que la Colombie et le Pérou voient l’UE comme un important partenaire pour renforcer la lutte anti-drogue  et que les deux pays se sont engagés à faire des progrès dans  l’éradication de la culture de la coca. 

     “Avec ce message, nous voulons dire où en est la coopération :  dans la substitution des cultures, dans l’éradication des plantes, dans l’ouverture des marchés aux produits alternatifs, mais  notamment dans la conclusion de l’accord de libre-échange afin que les fermiers puissent exporter leurs produits”, a souligné M.  Santos. 

     Lors de sa visite au Pérou, M. Santos a rencontré Tomulo  Pizarro, président de la Commission nationale pour le  développement et une vie sans drogue, afin de signer un accord de  collaboration. 

     “Nous voulons également examiner un agenda commun à présenter à l’Europe”, a ajouté M. Santos. 

     Sur l’aide économique réduite par les Etats-Unis dans la lutte  anti-drogue, M. Santos a souligné que la bataille “ne peut pas  dépendre uniquement de la coopération avec les Etats-Unis, parce  qu’il s’agit de quelque chose concernant la survie de la  démocratie dans nos pays”. 

     M. Santos a signalé que la coopération européenne est  nécessaire parce qu’il est vital pour eux de résoudre  l’augmentation de leur consommation de drogue. 

     “Sans aucun doute l’Europe doit collaborer. Une partie de ce  travail commun que nous sommes en train de faire est pour eux afin qu’ils comprennent que la coopération doit s’élargir”, a souligné  M. Santos.

 

Le gouvernement péruvien a cédé à Chinalco une « montagne de cuivre » pour trois milliards de dollars. Une société indienne lorgne sur le pétrole.

C’était, depuis des millions d’années, une montagne anodine qui domine le Pérou de ses 4 600 m ; c’est désormais un petit morceau de Chine, à 140 km de Lima. Le mont Toromocho (« Boeuf sans cornes »), a été vendu par l’État péruvien à la Chinalco, une compagnie minière chinoise qui va en extraire deux milliards de tonnes de minerai de cuivre !

Dans cette affaire, tout le monde a le sourire. Les Péruviens se frottent les mains puisque ce sont près de trois milliards de dollars qui vont être investis par la Chinalco pour acheter la montagne, déplacer la petite ville de Morococha et la reconstruire dans une vallée voisine. Outre un nouveau toit, chaque habitant recevra 2 000 dollars. Une compensation qui a décidé la majorité des habitants, vivant dans le dénuement, à dire « oui » lors d’une récente consultation. « Ce qu’on nous propose pour nos maisons est dérisoire », se plaignaient les opposants au projet chinois. Aujourd’hui, résignés, ils mènent un combat d’arrière-garde en espérant une petite rallonge financière.

Encaisser plus de vingt fois son investissement

Les Chinois sont, bien sûr, radieux. Ils ont fait une affaire en… or ! Dans trois ou quatre ans, leurs pelleteuses vont commencer à grignoter la montagne avant d’en dévorer le minerai de cuivre et de l’expédier vers la Chine. Le cuivre de Toromocho devrait revenir à 410 $ la tonne. Sur le London Metal Exchange, la tonne vaut 8 270 $, soit 2 000 % de plus. Si les prix se maintiennent et si l’extraction s’effectue selon les prévisions, Chinalco devrait encaisser plus de vingt fois son investissement et être capable de produire suffisamment de cuivre pour électrifier toute la Chine.

Le Pérou ne semble pas décidé à s’arrêter là. Le président Alan Garcia étudie toutes les propositions. La mise à l’encan de ses ressources pourrait bien se poursuivre, avec les Indiens cette fois. Le groupe indien Reliance s’est dit prêt à investir des milliards de dollars des programmes d’exploration pétrolière dans la province du Puno et dans la construction d’un complexe pétrochimique.

Le Pérou est en plein boom économique, depuis 82 mois. Pour les seuls quatre premiers mois de 2008, la croissance est estimée à 10 %. Pour autant, les laissés-pour-compte sont toujours aussi nombreux. De nombreux mineurs sont en grève, exigeant une meilleure redistribution des dividendes de la croissance et des profits des compagnies minières.

 

(Dow Jones)–Plusieurs groupes du secteur de l’énergie ont présenté au gouvernement péruvien des projets de construction d’un gazoduc pour l’acheminement du gaz naturel, selon un communiqué du gouvernement péruvien.

Parmi eux, Energy Transfer Partners L.P. (ETP) a présenté un projet de construction d’un gazoduc à travers les Andes, qui pourrait nécessiter un investissement de 2 milliards de dollars, tandis que Suez Energy Peru, filiale du français Suez (SZE.FR), a proposé la construction d’un gazoduc de 850 millions de dollars le long de la côte Pacifique jusqu’à la ville d’Ilo, dans le sud du pays.

Le brésilien Petroleo Brasileiro SA (PBR) et le canadien TransCanada Corp. (TRP) envisagent de former un consortium pour ce projet.

 

Dans le cadre de la Journée mondiale de l’environnement, le programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) a récompensé aujourd’hui deux projets qui ont apporté de l’énergie renouvelable à des villages du Pérou et du Laos. Les lauréats ont reçu prix Sasakawa 2008 et 100 000$ chacun.

Les deux projets gagnants sont Sunlabob Rural Energy Ltd et Practical Action. Ils ont remporté ce prix pour avoir procuré de l’énergie propre (énergie solaire et l’hydroélectricité) à des communautés rurales lointaines qui n’ont pas accès au réseau d’électricité, à l’est des Andes et dans les régions les plus reculées du Laos.

Le thème de cette année était «Vers une économie sans carbone», soit le même thème que celui de la Journée mondiale de l’environnement 2008. La sélection finale comprenait quatre autres projets apportant de l’énergie propre à des milliers de personnes, de familles aux Philippines, aux ménages ruraux dans le sud de l’Inde et aux prisons du Rwanda.

«Aborder le grand défi énergétique du 21e siècle nécessite des projets réels, capables au niveau local d’apporter des changements concrets à la manière dont les gens vivent. Sunlabob et Practical Action sont de nouveaux exemples d’apport d’énergie alternative disponible dans les pays en développement, mais aussi le monde développé», a indiqué Achim Steiner, sous-secrétaire général et chef de direction du PNUE.

Les deux projets

Sunlabob Rural Energy Ltd, créée en 2001, apporte de l’énergie aux communautés rurales reculées du Laos, un pays où seulement 48% de la population a accès au réseau électrique disponible principalement dans les villes. Grâce à Sunlabob, plus de 1800 systèmes d’énergie solaire-(SHS) et 500 lanternes solaires sont loués à des familles dans 73 villages différents à travers le pays.

Dans un endroit où la plupart des gens dépendent des lampes à kérosène, l’initiative met à leur disposition l’éclairage solaire à un prix inférieur que celui du kérosène, ce qui encourage les familles à adopter l’énergie propre.

Sunlabob désire également développer leur projet dans d’autres pays. Les fondateurs ont déjà commencé à travailler au Cambodge et en Indonésie. Ils explorent aussi les possibilités avec des partenaires potentiels au Bhoutan, au Timor-Oriental, en Afrique de l’Est et en Amérique latine.

Practical Action, fondée en 1966, travaille au Pérou à l’est des Andes, où 68% de la population, soit environ 5 millions de personnes, n’ont pas accès à l’électricité. Le projet utilise le vaste potentiel hydroélectrique de la région. À ce jour, 47 systèmes microhydrauliques ont été installés dans la région et génèrent une puissance suffisante pour environ 30 000 personnes.

Canoe

 

À peine 10% du solde ce pays riche en minerais et métaux de toute sorte sont aujourd’hui explorés.

Lima

Depuis ses confortables bureaux de Lima, Courtney Chamberlain, explorateur au profil de lord anglais, raconte avec délice la découverte de sa mine d’or située à dix heures de route de la capi­tale péruvienne. «Corihuarmi est l’une des mines les plus hautes du Pérou, car l’or se trouve au sommet de deux montagnes, à 5 000 mètres d’altitude. Il a fallu une équipe d’alpinistes pour récupérer les échantillons. Depuis, nous avons acheté une concession de 9 000 hectares, nous avons installé les machines pour concasser la pierre volcanique, nous avons levé des fonds au Pérou et à Londres, et nous avons commencé à produire notre premier lingot en mars dernier… six ans seulement après la découverte.»

Mais c’est sur un autre record que Courtney Chamberlain, président de Minera IRL, après avoir arpenté pendant plus de quarante ans tous les pays miniers de la planète, préfère s’étendre. «Notre coût de production est de 300 dollars l’once, alors que les cours dé­passent les 900 dollars», se réjouit-il. Une marge inespérée qui a fait d’IRL la mine d’or la plus profitable du Pérou, à la plus gran­de satisfaction de ses 600 ac­tionnaires, qui voient déjà plus grand. «On a amorti notre investissement en un an et maintenant nous pouvons autofinancer de nouvelles explorations qui vont commencer l’année prochaine», annonce Courtney Chamberlain.

Un bond des investissements

Minera IRL n’est pas la seule mine du Pérou à afficher des profits insolents. Le pays est le premier producteur au monde d’ar­gent, le deuxième pour le cuivre, le troisième pour le zinc et l’étain. Sans oublier le plomb (n° 4), l’or (n° 5) et d’autres métaux rares comme le cadmium, le bismuth, ou le molyb­dène… La flambée des cours fait sa fortune. Et pour l’expert Oscar Castaneda, directeur d’une revue spécialisée à Lima, le meilleur reste à venir.«Pour la période 2008-2012, le gouvernement prévoyait 14 milliards de dollars d’investissements miniers avant de revoir ses chiffres à la hausse. Ce seront finalement 20 milliards, avec plus de 280 projets dans les cartons, dont 70 % pour l’or… Le Pérou est le pays qui reçoit le plus d’investissements miniers à l’hectare, c’est un véritable boom.»

Derrière ces chiffres, il n’y a pas seulement de petites compagnies comme IRL, ou des géologues indépendants qui sillonnent le pays à dos d’âne ou en 4 × 4, mais aussi des géants pour lesquels le Pérou est le nouvel Eldorado. «Pour le cuivre, Chinalco a un énorme projet à Toromocho, Zinjin Mining s’est installé dans la forêt de Piura, et deux autres entreprises sont à Cajamarca… À eux seuls, ces industriels chinois représentent 6 milliards d’investissements, énumère Oscar Castaneda. Il y a aussi les Brésiliens, les Anglais de Rio Tinto, sans oublier quatre mégaprojets dans la région d’Apurimac, qui va devenir un centre majeur de production de fer… Les réserves sont si importantes que l’on se demande encore par quel port on va pouvoir exporter le minerai.»

La «culture» de la mine

Cet engouement tient d’abord à la richesse géologique du Pérou où l’on produit plus de quinze métaux, du pétrole et du gaz. Alfredo Rodriguez Munoz, directeur général au ministère de la Mine, met aussi en avant la stabilité juridique et institutionnelle du pays. «Lorsque nous sommes sortis de la dictature militaire, nous avons proposé des contrats de stabilité afin d’attirer les investisseurs ; quelle que soit la couleur politique du gouvernement, les industriels ont la garantie d’un régime fiscal inchangé pendant vingt ans.»«L’autre avantage du Pérou, c’est qu’il a une véritable culture de la mine, ajoute Courtney Chamberlain. Ici on n’a aucun mal à trouver des gens qui peuvent forer, faire fonctionner les machines ou travailler sous terre… Le Pérou est aujourd’hui le meilleur pays pour investir.»

Résultat, ces deux dernières années, les exportations minières ont presque doublé en valeur, à 17 milliards de dollars, soit 62 % des exportations péruviennes. Le dynamisme du secteur a également permis au Pérou de postuler au titre de «dragon» d’Amé­rique latine, avec une croissance supérieure à 8 % en 2007 et une inflation qui compte parmi les plus basses d’Amérique latine.

«Dieu a fait du Pérou un pays de mines, et se mettre contre cette évidence, c’est lutter en vain», rappelait récemment le président du pays, Alan Garcia. Un culte de la mine dont les géologues ne voient pas encore la fin, ni même le déclin : seuls 10 % du Pérou, un pays grand comme deux fois et demie la France, ont pour l’instant été explorés.

Le Figaro

 

Le Pérou et le Brésil vont investir 2 milliards de dollars dans la construction d’une centrale hydroélectrique, près de leur frontière commune au sud-est du Pérou, a indiqué lundi le ministre péruvien de l’Energie et des Mines, Juan Valdivia.Une entreprise péruviano-brésilienne commencera ce mois-ci les études de projet de la centrale, qui sera située aux limites des départements péruviens de Puno, Cusco et Madre de Dios.

M. Valdivia, qui a reçu son homologue brésilien, Edson Lobao, a rappelé que cette ouvrage faisait partie des sept grands projets envisagés par l’Etat péruvien.

 

Le Pérou et le Brésil vont construire ensemble une centrale hydroélectrique à leur frontière, a annoncé  mardi le ministre péruvien de l’Energie et des Mines, Mosé  Valdivia.       Cette centrale de 2 milliards de dollars sera construite dans la région péruvienne près de la frontière avec le Brésil, avec une capacité de production de 3 400 mégawatts par heure. 

     Dans une déclaration faite au terme de sa rencontre avec son  homologue brésilien Edson Lobao, le ministre péruvien a dit que  les travaux de construction de la centrale débuteront l’année  prochaine. 

     Les deux pays ont signé par ailleurs des accords sur la  construction de 14 autres centrales hydroélectriques au Pérou, a  indiqué le ministre brésilien.

 

Le cinquième sommet de l’Union européenne et des pays d’Amérique latine débute vendredi dans la capitale péruvienne Lima. Soixante chefs de gouvernements - dont le Premier ministre belge Yves Leterme - discuteront d’un renforcement de la collaboration entre les deux continents. La lutte contre la pauvreté ainsi que l’énergie et le réchauffement climatique seront les principaux thèmes de ce sommet.

L’Union européenne et les pays ALC (Amérique latine et Caraïbes) ont conclu un partenariat stratégique en 1999 lors du premier sommet UE/ALC à Rio de Janeiro. Le cinquième sommet, à Lima, souhaite insister sur les liens privilégiés qui existent entre l’Europe et l’Amérique latine et renforcer cette collaboration. L’Union européenne est le deuxième partenaire commercial des pays ALC. Depuis 1990, les échanges commerciaux ont doublé entre les deux continents. L’Europe est en outre le plus important investisseur en Amérique latine et consacre le plus d’argent dans la coopération au développement.

En raison de la puissance économique en hausse de l’Amérique latine -et surtout du Brésil, de l’Argentine et du Chili - l’UE souhaite encore renforcer ces liens. La Belgique y tient également. Le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht s’est d’ailleurs exprimé en ce sens, ainsi que le Premier ministre Yves Leterme jeudi. Durant le voyage vers le Pérou, il a insisté sur le fait que les pays ALC constituent un pôle de croissance important et que notre pays doit y investir. Des entreprises comme Bekaert, Suez ou Inbev sont d’ailleurs déjà actives sur place.

Afin de rendre la coopération économique plus attractive, l’UE plaide pour une intégration régionale accrue sur le continent. Des accords commerciaux existent déjà avec le Mexique et le Chili et des négociations sont en cours avec les pays des Andes et du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay). Outre le renforcement de la coopération, la lutte contre la pauvreté et la cohésion sociale d’une part, le réchauffement climatique et le développement durable d’autre part, sont deux thèmes importants de ce sommet.

Malgré la croissance économique, la pauvreté reste élevée dans de nombreux pays d’Amérique latine. L’environnement et le réchauffement climatique jouent également un rôle prépondérant dans les pays ALC, en raison des énormes richesses naturelles et de la biodiversité sur ce continent. Le Premier ministre Yves Leterme est chargé de l’exposé d’introduction au sujet du développement durable. Il prendra également la parole à propos de la cohésion sociale. Durant le sommet, il aura également des entretiens bilatéraux avec les dirigeants du Pérou, d’Argentine, du Chili et d’Equateur. Samedi, Yves Leterme visitera des sites de Suez et de Jan De Nul, ainsi qu’un projet belge de coopération. (belga/7sur7)

 

Séparés par l’idéologie et par une polémique à la veille du Sommet de Lima, la chancelière allemande Angela Merkel et le président vénézuélien Hugo Chavez se sont néanmoins salués avec le sourire dans la capitale péruvienne.
Photo Juan Carlos Solorzano / Prensa Presidencial de Venezuela

LIMA, samedi 17 mai 2008 (LatinReporters.com) - Ambitieuse? Non, plutôt pieuse, la Déclaration de Lima qui a clôturé vendredi dans la capitale du Pérou le 5e sommet Union européenne - Amérique latine et Caraïbes (UE-ALC). Pieuse, généreuse et irréelle comme la Bible. La Sainte Europe ne reconnaît pas encore qu’une guerre idéologique empêche d’imposer du Rio Bravo à la Terre de Feu l’évangile eurocommunautaire de libre commerce, même saupoudré de psaumes sociaux.

“Répondre ensemble aux préoccupations prioritaires de nos populations” est l’ambition générique de la Déclaration de Lima. Les priorités retenues sont “l’éradication [sic] de la pauvreté, des inégalités et de l’exclusion”, assurer le “développement durable” et les besoins en énergie, ainsi que parer aux “changements climatiques” et à la crise alimentaire.

Pour atteindre ces nobles objectifs, on ne décèle, à la lecture des 21 pages de la Déclaration, que futures réunions d’experts, prochaines conférences ministérielles, créations de nouveaux organismes et participation aux instances ad hoc des Nations unies. Bref, l’élargissement pour hauts fonctionnaires surpayés d’un Disneyland administratif où pauvreté et crise alimentaire sont éradiquées depuis toujours. En la matière, l’Union européenne n’a jamais manqué d’expérience.

Selon un calcul poujadiste de la société A2G Carbon Partners, une contribution au réchauffement planétaire de 11.000 tonnes de dioxyde de carbone est attribuable aux déplacements en avion et limousine et à la climatisation des hôtels et salles de conférence des quelque 3.000 participants au sommet, présidents, ministres, conseillers, experts, chefs d’entreprises, journalistes, techniciens, policiers, danseuses, etc. Vu le nombre de prochains sous-sommets annoncés par la Déclaration de Lima, le programme “EUrocLIMA” [resic] dont elle parle ne fera pas grelotter les 60 pays UE-ALC.

Plus sérieusement et conformément à la philosophie d’Européens gavés par une enviable économie sociale de marché, la Déclaration de Lima réaffirme que “le commerce est un moteur de croissance, du développement durable et de la réduction de la pauvreté”. S’il convient de “minimiser l’impact social négatif de la mondialisation” (”globalisation” dit plus crûment la version originale en espagnol), celle-ci n’est nullement diabolisée.

Mais à peine avait-il souscrit à la Déclaration, y compris à ce coup de chapeau implicite au libre commerce, que l’Amérindien Evo Morales, président socialiste d’une Bolivie qu’il veut aussi bolivarienne que le Venezuela de Hugo Chavez, s’en allait clamer au Sommet alternatif des peuples, réuni aussi à Lima, que “la seule façon d’en finir avec la pauvreté et de rétablir la justice est de liquider le modèle libéral et capitaliste”.

L’anecdote est significative. La Bolivie d’Evo Morales, comme l’Equateur du socialiste radical Rafael Correa, appartient à la Communauté andine, qui négocie un accord d’association avec l’UE. Les deux autres pays de la Communauté andine, Colombie et Pérou, piaffent d’impatience pour conclure et accéder librement aux 500 millions de consommateurs du Vieux continent. Mais Morales et Correa freinent. Le président bolivien revendique explicitement un “commerce des peuples”, soit le troc entre entités publiques instauré au sein de l’ALBA (Alternative bolivarienne pour l’Amérique latine) que forment le Venezuela, Cuba, le Nicaragua et la Bolivie.

L’association avec la Communauté andine, avec les pays d’Amérique centrale et avec le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay et bientôt le Venezuela) sont les trois grands chantiers ouverts par l’Union européenne dans le cadre des sommets UE-ALC. Mais le Nicaragua sandiniste et le Venezuela de Hugo Chavez seront pour leur groupe régional respectif le même frein idéologique que la Bolivie et l’Equateur pour la Communauté andine.

“Le commerce ne peut pas réguler la vie des gens. C’est lui qui produit la misère et l’inégalité” déclarait vendredi Hugo Chavez dans la capitale péruvienne. La veille, un rapport présenté à Bogota par le secrétaire général d’Interpol, internationale policière de 186 pays, confirmait l’appui politique, militaire et financier de Chavez à la guérilla marxiste des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie). Ingrid Betancourt, l’une des quelque 800 otages des FARC, est séquestrée depuis plus de six ans par cette organisation considérée comme terroriste par les 27 pays de l’UE.

La Déclaration de Lima maintient pourtant le principe d’une négociation de l’UE avec les trois blocs régionaux et non avec des pays particuliers. Mais les accords d’association de l’UE avec le Mexique et le Chili existent. Ces deux précédents et des commentaires émis cette semaine à Lima par la chancelière allemande Angela Merkel et à Bogota par l’Espagnol Javier Solana, chef d’orchestre de la diplomatie eurocommunautaire, donnent au Pérou et à la Colombie l’espoir de s’associer à l’Europe sans dépendre des états d’âme équatoriano-boliviens.

Sur un plan plus général, de même qu’au siècle dernier s’imposa longtemps la réalité d’une Europe occidentale séparée de l’Europe de l’Est collectiviste, l’UE devra sans doute admettre qu’il est vain de vouloir inclure dans des accords d’association se voulant aussi politiques, car basés sur certains paramètres socio-économiques et démocratiques, des pays latino-américains engagés sur un autre chemin. Si le socialisme dit bolivarien n’est pas le communisme castriste, il penche néanmoins nettement plus vers lui que vers la social-démocratie européenne.

 

(AFP) — Le Ve sommet entre l’Union européenne et l’Amérique latine s’est achevé vendredi à Lima dans une atmosphère apaisée, au terme d’une journée de travail consacrée à la lutte contre la pauvreté et le réchauffement climatique, sur fond de préoccupation pour la crise alimentaire.La cinquantaine de présidents et de chefs d’Etat réunis à Lima vendredi se sont séparés dans la soirée après une journée de travaux.

Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, dont le pays est le deuxième producteur de biocarburants après les Etat-Unis, grâce à l’éthanol issu de la canne à sucre, défend leur utilisation, y compris dans le contexte de cette crise alimentaire mondiale.

“On veut décontaminer la planète, combattre le réchauffement global, signer le protocole de Kyoto et quand le Brésil offre un combustible qui n’émet pas de CO2, on préfère en utiliser un, qui en produit, c’est une contradiction”, a déclaré le président Lula.

Le chef du gouvernement espagnol Jose Luis Rodriguez Zapataro s’est efforcé de calmer le débat, assurant que c’était encore prématuré: “Je crois que c’est encore un peu tôt pour entamer le débat sur l’impact (des biocarburants) sur la hausse des prix des aliments, compte tenu du fait qu’il y a aussi de nombreux types de biocarburants”, a-t-il expliqué devant la presse.

A la clôture du sommet la présidente chilienne Michelle Bachelet et son homologue argentine Cristina Kirchner ont proposé une alliance entre l’Amérique latine et l’UE pour affronter la crise alimentaire mondiale.

L’Europe, très préoccupée par les conséquences du réchauffement climatique, défend l’utilisation de ces biocarburants que certains pays latino-américains, dont la Bolivie ou le Venezuela, rejettent totalement.

Les divisions entre les pays de la gauche latino-américaine, emmenée par le bouillant président vénézuélien Hugo Chavez, et ceux défendant une vision plus libérale, ont marqué les différentes interventions de ce sommet.

Les accords de libre-échange entre l’UE et l’Amérique latine, ardemment défendus par les Européens, se sont ainsi heurtés aux réticences de la Bolivie ou de l’Equateur. La “déclaration de Lima” publiée à l’issue du sommet estime néanmoins que leur conclusion est une “priorité politique”.

Les discussions ont eu lieu dans une atmosphère apaisée en dépit de la tension récente entre la Colombie d’une part et le Venezuela et l’Equateur.

La publication cette semaine d’un rapport d’Interpol authentifiant le contenu informatique des archives contenues dans l’ordinateur d’un chef de la guérilla des Farc abattu par l’armée colombienne début mars ont suscité des réactions véhémentes du Venezuela et de l’Equateur, mais sans provoquer de crise à Lima. Bogota affirme que ces archives prouvent l’existence de liens entre les Forces armées révolutionnaires de Colombie et les gouvernements de l’Equateur et du Venezuela.

M. Chavez a dénoncé à Lima une “manipulation” de la part du président colombien Alvaro Uribe, avec qui il a refusé de reprendre le dialogue.

Il s’est également excusé vendredi auprès de la Chancelière allemande Angela Merkel acusée d’être membre d’un mouvement politique ayant soutenu Hitler, l’embrassant même devant les photographes.

Le président français Nicolas Sarkozy s’est fait remplacer par son Premier ministre François Fillon, tandis que les chefs de gouvernement italien Silvio Berlusconi et britannique Gordon Brown se sont fait excuser.

Dans la nuit quelque 20.000 personnes se sont réunies “contre le libéralisme” dans le centre à l’occasion d’un concert pour la clôture du “sommet des peuples”. La sphère altermondialiste s’était donnée rendez-vous pour conspuer le sommet.

Le président bolivien Evo Morales y a fustigé “l’industrialisation à outrance qui ne permettra jamais de préserver l’environnement” et prédit qu’on “n’éliminera pas la pauvreté tant que l’on ne renversera pas le capitalisme inhumain”.

M. Chavez a quitté Lima juste après la fin du sommet.

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