Certains députés du parti de centre-gauche au pouvoir en Argentine ont accru leurs critiques à l’encontre des taxes sur les exportations de céréales à l’origine d’une série de grandes grèves dans le monde paysan, ce qui laisse penser que le gouvernement pourrait être contraint à faire des concessions. Certains députés du Front de la Victoire, au pouvoir, ont réclamé des amendements au régime de taxes à l’exportation, qui ont fait monter le prix du soja, la plus importante culture du pays. “Nous sommes favorables aux taxes sur les exportations, mais pensons qu’il importe de songer à un mécanisme de compensation (pour les agriculteurs)“, a estimé la députée Patricia Fadel.
L’augmentation substantielle du prix des matières premières a créé des pressions inflationnistes globales mais contribue aussi à redistribuer les revenus du monde développé vers le monde émergent à une échelle inconnue depuis la crise pétrolière de 1970.
Cette situation n’avantage pas tous les pays émergents. L’augmentation de la demande de matières premières et de leur prix est une bénédiction pour les pays exportateurs de ressources naturelles, mais une malédiction pour les pays émergents importateurs dont les gouvernements sont forcés d’augmenter les subventions à la consommation de nourriture et d’énergie afin d’éviter des implosions sociales. L’augmentation du prix des matières premières agricoles profite essentiellement aux pays d’Amérique latine, à savoir l’Argentine, le Brésil, le Chili et la Colombie, alors que les bénéficiaires de la hausse du prix du pétrole sont essentiellement les pays du Golfe et la Russie. Cependant les pays net importateurs de ces ressources comme la Corée, la Chine et les Philippines souffrent de ces augmentations mais bénéficient de leur position de centres de production délocalisés.
Alors que la crise du crédit est essentiellement un phénomène du monde développé, l’impact de la globalisation du crédit international et des flux d’investissements vont inévitablement entraîner des conséquences négatives tant sur le plan fondamental que financier pour certains pays émergents, en particulier ceux qui ont financé leur expansion domestique au travers d’emprunts internationaux comme le Kazakhstan. Les pays avec des balances de paiement courant déficitaires sont aussi vulnérables dans la mesure où leurs besoins financiers élevés doivent être couverts par des capitaux étrangers. Dans cette catégorie, nous trouvons le Vietnam, L’Afrique du Sud, l’Ukraine, le Pakistan et la Turquie. L’Ukraine et la Turquie sont mieux placés dans la mesure où ils bénéficient d’investissements étrangers directs.
En termes de secteurs, les banques ont le plus grand besoin de financement pour faire face à l’échéance d’obligations et de prêts, suivies par les gouvernements et enfin par les secteurs du gaz, du pétrole et des télécommunications. En termes de régions, l’Amérique latine et l’Asie semblent bien placées pour faire face à leurs dettes.
D’un point de vue global, nous recommandons les exportateurs de matières premières agricoles et énergétiques: les pays du Golfe, la Russie et le Brésil sont nos choix préférés. Nous sommes en particulier positifs sur le secteur agricole en Amérique latine tout au long de la chaîne de production.
Il est important de tenir compte du fait que l’inflation est un facteur de risque pour les marchés des actions non liés aux matières premières mais qu’elle est positive pour la dette domestique des pays dont les banques centrales ont des politiques monétaires anti-inflationnistes. C’est le cas de l’Amérique latine et de l’Europe de l’Est. Dans ce contexte, les marchés domestiques et les monnaies asiatiques ont récemment beaucoup souffert de l’inertie de leurs banques centrales à augmenter les taux d’intérêt face à une inflation grimpante. Enfin, la dette externe souveraine et corporative des pays émergents est chère par rapport au marché du crédit «high yield» et «investment grade» et reste vulnérable à la volatilité des marchés globaux, même si le risque de défaut reste très bas.
L’augmentation substantielle du prix des matières premières a créé des pressions inflationnistes globales mais contribue aussi à redistribuer les revenus du monde développé vers le monde émergent à une échelle inconnue depuis la crise pétrolière de 1970.
Cette situation n’avantage pas tous les pays émergents. L’augmentation de la demande de matières premières et de leur prix est une bénédiction pour les pays exportateurs de ressources naturelles, mais une malédiction pour les pays émergents importateurs dont les gouvernements sont forcés d’augmenter les subventions à la consommation de nourriture et d’énergie afin d’éviter des implosions sociales. L’augmentation du prix des matières premières agricoles profite essentiellement aux pays d’Amérique latine, à savoir l’Argentine, le Brésil, le Chili et la Colombie, alors que les bénéficiaires de la hausse du prix du pétrole sont essentiellement les pays du Golfe et la Russie. Cependant les pays net importateurs de ces ressources comme la Corée, la Chine et les Philippines souffrent de ces augmentations mais bénéficient de leur position de centres de production délocalisés.
Alors que la crise du crédit est essentiellement un phénomène du monde développé, l’impact de la globalisation du crédit international et des flux d’investissements vont inévitablement entraîner des conséquences négatives tant sur le plan fondamental que financier pour certains pays émergents, en particulier ceux qui ont financé leur expansion domestique au travers d’emprunts internationaux comme le Kazakhstan. Les pays avec des balances de paiement courant déficitaires sont aussi vulnérables dans la mesure où leurs besoins financiers élevés doivent être couverts par des capitaux étrangers. Dans cette catégorie, nous trouvons le Vietnam, L’Afrique du Sud, l’Ukraine, le Pakistan et la Turquie. L’Ukraine et la Turquie sont mieux placés dans la mesure où ils bénéficient d’investissements étrangers directs.
En termes de secteurs, les banques ont le plus grand besoin de financement pour faire face à l’échéance d’obligations et de prêts, suivies par les gouvernements et enfin par les secteurs du gaz, du pétrole et des télécommunications. En termes de régions, l’Amérique latine et l’Asie semblent bien placées pour faire face à leurs dettes.
D’un point de vue global, nous recommandons les exportateurs de matières premières agricoles et énergétiques: les pays du Golfe, la Russie et le Brésil sont nos choix préférés. Nous sommes en particulier positifs sur le secteur agricole en Amérique latine tout au long de la chaîne de production.
Il est important de tenir compte du fait que l’inflation est un facteur de risque pour les marchés des actions non liés aux matières premières mais qu’elle est positive pour la dette domestique des pays dont les banques centrales ont des politiques monétaires anti-inflationnistes. C’est le cas de l’Amérique latine et de l’Europe de l’Est. Dans ce contexte, les marchés domestiques et les monnaies asiatiques ont récemment beaucoup souffert de l’inertie de leurs banques centrales à augmenter les taux d’intérêt face à une inflation grimpante. Enfin, la dette externe souveraine et corporative des pays émergents est chère par rapport au marché du crédit «high yield» et «investment grade» et reste vulnérable à la volatilité des marchés globaux, même si le risque de défaut reste très bas.
Malgré un resserrement mondial du crédit et une récession controversée outre-Atlantique, les économies des marchés émergents ne se sont pas effondrées et la plupart des pays continuent à afficher des taux de croissance du PIB tout à fait décents.
Silvia Marengo, Fund Manager Clariden Leu (Gue) Emerging Markets Bond Fund, Zina Psiola, Fund Manager Clariden Leu (Gue) Russia Equity Fund
Lundi 23 juin 2008
Le boom des produits de base a contribué à doper les exportations et la croissance dans la plupart des pays émergents ou en développement, notamment les très gros exportateurs d’énergie, de métaux et de produits agricoles. La principale raison de ce découplage économique est le changement spectaculaire subi par le commerce international. Dans le passé, les principaux partenaires commerciaux des économies des marchés émergents étaient les pays industrialisés (essentiellement les Etats-Unis et l’Europe). Mais aujourd’hui, les échanges entre marchés émergents ont considérablement augmenté.
En 2007, les exportations mondiales de biens et de services ont atteint 16,9 billions d’USD et devraient enregistrer une croissance de 4,5% en termes réels en 2008. Les pays en développement représentent maintenant 34% des flux mondiaux d’exportations et d’importations, alors que la proportion était de 22% il y a dix ans. La hausse des prix des produits de base a permis à l’Amérique latine, au Moyen-Orient, à l’Asie centrale et à la Russie d’étendre leur volume d’échanges, d’accumuler des réserves massives de devises étrangères et de rembourser leur dette extérieure. Ces dernières années, la dépendance de ces régions vis-à-vis des marchés développés sur le plan de leurs exportations et de la croissance du PIB s’est diluée suite à l’essor des échanges intérieurs et intrarégionaux, ainsi qu’au développement du commerce interrégional entre la Chine et l’Afrique, l’Inde et le Moyen-Orient, et l’Amérique latine et l’Asie.
La nouvelle orientation des flux commerciaux mondiaux va de pair avec l’augmentation de la demande d’une large variété de marchandises - comme l’acier et les ordinateurs, la viande, les montres de luxe et les jets privés - sur le marché émergent. Alors que certains pays, comme le Qatar et la Russie, utilisent les excédents commerciaux pour financer le développement des infrastructures et stimuler indirectement la consommation privée, c’est-à-dire par la création d’emplois bien rémunérés, les consommateurs d’autres pays, comme l’Inde et la Turquie, sont beaucoup plus dépendants du crédit. Malgré l’apparition de quelques déséquilibres dans les économies des marchés émergents, les nouvelles infrastructures et l’harmonisation des réglementations permettront de décongestionner les échanges intrarégionaux de marchandises, de services et de main-d’œuvre, et de rendre ces économies flexibles et robustes.
Les pays d’Amérique latine comptent parmi les plus grands producteurs de biens du monde: de l’énergie (gaz, pétrole, éthanol, biocarburant) au Venezuela, au Mexique, en Equateur et au Brésil, aux métaux (cuivre, aluminium) au Chili, en passant par les produits de l’agriculture et de l’élevage (soja, viande, blé) en Argentine et au Brésil. C’est pourquoi ils bénéficient d’importants excédents courants, de comptes financiers positifs et de taux de croissance du PIB positifs. Certains pays, comme le Mexique, le Chili et le Brésil, utilisent cet excédent de la balance des paiements pour renouveler leurs infrastructures locales, tandis que d’autres pays, comme l’Argentine et le Venezuela, appliquent des politiques plus populistes.
Plusieurs instruments du marché financier permettent aux investisseurs de participer aux tendances décrites. Les devises des marchés émergents continueront à se revaloriser face à l’USD et, dans une moindre mesure, à l’EUR. Des devises comme le réal brésilien, le rouble russe et le yuan chinois, continueront à prendre de la valeur dans les prochaines années. Les investissements dans ces devises (obligations ou actions) seront certainement attractifs.
Le secteur des entreprises familiales constitue un des domaines les plus dynamiques et les plus attractifs pour les investissements de portefeuille dans les marchés émergents. Un nombre croissant d’entreprises familiales, créées pour profiter des possibilités locales dans les années 1980 et 1990, sont devenues des conglomérats multimilliardaires en dollars de plus en plus avides d’expansion internationale. La fusion entre Arcelor et Mittal a inspiré beaucoup d’autres entrepreneurs et s’est révélée bénéfique pour les actionnaires de la société absorbée. Selon nous, il reste beaucoup d’opérations de ce genre à réaliser dans les secteurs des produits de base, des transports, des médicaments génériques, voire des articles de luxe, dans les cinq années à venir. Nous recommandons d’utiliser les introductions en bourse et les corrections du marché pour constituer un portefeuille de ces futurs leaders mondiaux.
L’émission d’obligations des marchés émergents libellées dans les devises locales et d’obligations d’entreprises des marchés émergents, est en plein essor. Un grand nombre d’économies des marchés émergents disposent actuellement d’excédents courants et fiscaux, et ont couvert leurs besoins financiers, éliminant ainsi la nécessité d’émettre de nouveaux emprunts d’Etat. En même temps, les secteurs des entreprises de certains pays dont le Brésil, la Russie, le Mexique, l’Inde et la Chine, deviennent beaucoup plus robustes et doivent s’étendre et financer ce développement des investissements. Ils en sont capables maintenant, et ils doivent le faire pour lancer de nouvelles émissions privées. Nous apprécions les entreprises des marchés émergents de pays présentant un potentiel de croissance à long terme, tels que la Russie, le Brésil, le Mexique et la Chine.
Le boom des produits de base a contribué à doper les exportations et la croissance dans la plupart des pays émergents ou en développement, notamment les très gros exportateurs d’énergie, de métaux et de produits agricoles. La principale raison de ce découplage économique est le changement spectaculaire subi par le commerce international. Dans le passé, les principaux partenaires commerciaux des économies des marchés émergents étaient les pays industrialisés (essentiellement les Etats-Unis et l’Europe). Mais aujourd’hui, les échanges entre marchés émergents ont considérablement augmenté.
En 2007, les exportations mondiales de biens et de services ont atteint 16,9 billions d’USD et devraient enregistrer une croissance de 4,5% en termes réels en 2008. Les pays en développement représentent maintenant 34% des flux mondiaux d’exportations et d’importations, alors que la proportion était de 22% il y a dix ans. La hausse des prix des produits de base a permis à l’Amérique latine, au Moyen-Orient, à l’Asie centrale et à la Russie d’étendre leur volume d’échanges, d’accumuler des réserves massives de devises étrangères et de rembourser leur dette extérieure. Ces dernières années, la dépendance de ces régions vis-à-vis des marchés développés sur le plan de leurs exportations et de la croissance du PIB s’est diluée suite à l’essor des échanges intérieurs et intrarégionaux, ainsi qu’au développement du commerce interrégional entre la Chine et l’Afrique, l’Inde et le Moyen-Orient, et l’Amérique latine et l’Asie.
La nouvelle orientation des flux commerciaux mondiaux va de pair avec l’augmentation de la demande d’une large variété de marchandises - comme l’acier et les ordinateurs, la viande, les montres de luxe et les jets privés - sur le marché émergent. Alors que certains pays, comme le Qatar et la Russie, utilisent les excédents commerciaux pour financer le développement des infrastructures et stimuler indirectement la consommation privée, c’est-à-dire par la création d’emplois bien rémunérés, les consommateurs d’autres pays, comme l’Inde et la Turquie, sont beaucoup plus dépendants du crédit. Malgré l’apparition de quelques déséquilibres dans les économies des marchés émergents, les nouvelles infrastructures et l’harmonisation des réglementations permettront de décongestionner les échanges intrarégionaux de marchandises, de services et de main-d’œuvre, et de rendre ces économies flexibles et robustes.
Les pays d’Amérique latine comptent parmi les plus grands producteurs de biens du monde: de l’énergie (gaz, pétrole, éthanol, biocarburant) au Venezuela, au Mexique, en Equateur et au Brésil, aux métaux (cuivre, aluminium) au Chili, en passant par les produits de l’agriculture et de l’élevage (soja, viande, blé) en Argentine et au Brésil. C’est pourquoi ils bénéficient d’importants excédents courants, de comptes financiers positifs et de taux de croissance du PIB positifs. Certains pays, comme le Mexique, le Chili et le Brésil, utilisent cet excédent de la balance des paiements pour renouveler leurs infrastructures locales, tandis que d’autres pays, comme l’Argentine et le Venezuela, appliquent des politiques plus populistes.
Plusieurs instruments du marché financier permettent aux investisseurs de participer aux tendances décrites. Les devises des marchés émergents continueront à se revaloriser face à l’USD et, dans une moindre mesure, à l’EUR. Des devises comme le réal brésilien, le rouble russe et le yuan chinois, continueront à prendre de la valeur dans les prochaines années. Les investissements dans ces devises (obligations ou actions) seront certainement attractifs.
Le secteur des entreprises familiales constitue un des domaines les plus dynamiques et les plus attractifs pour les investissements de portefeuille dans les marchés émergents. Un nombre croissant d’entreprises familiales, créées pour profiter des possibilités locales dans les années 1980 et 1990, sont devenues des conglomérats multimilliardaires en dollars de plus en plus avides d’expansion internationale. La fusion entre Arcelor (
LOR.PA) et Mittal a inspiré beaucoup d’autres entrepreneurs et s’est révélée bénéfique pour les actionnaires de la société absorbée. Selon nous, il reste beaucoup d’opérations de ce genre à réaliser dans les secteurs des produits de base, des transports, des médicaments génériques, voire des articles de luxe, dans les cinq années à venir. Nous recommandons d’utiliser les introductions en bourse et les corrections du marché pour constituer un portefeuille de ces futurs leaders mondiaux.
L’émission d’obligations des marchés émergents libellées dans les devises locales et d’obligations d’entreprises des marchés émergents, est en plein essor. Un grand nombre d’économies des marchés émergents disposent actuellement d’excédents courants et fiscaux, et ont couvert leurs besoins financiers, éliminant ainsi la nécessité d’émettre de nouveaux emprunts d’Etat. En même temps, les secteurs des entreprises de certains pays dont le Brésil, la Russie, le Mexique, l’Inde et la Chine, deviennent beaucoup plus robustes et doivent s’étendre et financer ce développement des investissements. Ils en sont capables maintenant, et ils doivent le faire pour lancer de nouvelles émissions privées. Nous apprécions les entreprises des marchés émergents de pays présentant un potentiel de croissance à long terme, tels que la Russie, le Brésil, le Mexique et la Chine.
Jun 23
Posté par regis dans Uncategorized
Face à la flambée des prix des aliments, l’Union européenne s’est trouvée une nouvelle source d’approvisionnement compétitive : l’Argentine.
Selon les dernières statistiques du commerce extérieur argentin, sur les quatre premiers mois de l’année 2008, les ventes de produits d’origine animale et végétale à destination de l’Union européenne ont augmenté de 39% par rapport à la même période en 2007 !
Les principaux clients européens de l’Argentine qui ont largement contribué à ce boom des exportations sont l’Espagne, les Pays-Bas, l’Italie, l’Allemagne ou encore la Belgique.
Si on va dans le détail, on voit que l’Espagne a importé principalement du mais, de la farine de soja et du poisson colin. Pour sa part, les Pays-Bas ont également massivement commandé de la farine de soja, mais aussi de l’huile de tournesol et de l’arachide.
Côté italien, les commandes se sont portées sur la farine de soja, des poires et du poisson colin. De son côté, l’Allemagne a acheté beaucoup de viande et de miel alors que la Belgique a exclusivement importé de la farine de soja.
Curieusement, la France ne figure pas dans ces statistiques. Il faut donc croire que pour l’ensemble des produits alimentaires précédemment cités, la France fait appel en grande partie à ses productions nationales. P.G.
Il n’y a plus de steak au pays de la viande. Ni d’huile au supermarché. Dans le centre de Buenos Aires, il faut faire la queue devant les boutiques de change pour acheter des dollars, seule valeur refuge à l’approche d’une de ces tempêtes qui balaie régulièrement l’économie argentine. L’inflation frôle les 30 % et la fronde du campo (la campagne) qui réunit pour la première fois toutes les associations rurales - des petits fermiers des contreforts des Andes aux barons du soja de la Pampa - paralyse le pays.
Furie. Depuis cent jours, les agriculteurs coupent les routes et bloquent les exportations de grains et de céréales. Ils refusent d’être la vache à lait du gouvernement péroniste de Cristina Kirchner qui a augmenté de 25 % les taxes à l’exportation du soja et de ses dérivés, dont l’Argentine est le troisième exportateur mondial. A quelques semaines de la récolte, en mars, cette décision, qui a déjà coûté la tête d’un ministre de l’Economie, a déclenché la furie du campo : «Les autorités oublient que les prix des engrais, des carburants, du loyer des terres et du transport a augmenté et réduit notre rentabilité. L’intransigeance du gouvernement risque de convertir une opportunité historique en une crise économique et politique de plus», avertit Eduardo Althabe, qui cultive 1 000 hectares dont 400 de soja au sud de Buenos Aires.
Avec des prix tirés vers le haut par la demande chinoise et une hausse de 30 % des cours en 2007, les revenus du soja - qui représentent la moitié des 30 millions d’hectares cultivables en Argentine et 50 % des exportations - sont une rente pour l’Etat. Mais l’invasion de cette plante oléagineuse a un impact désastreux sur l’environnement et entraîne la disparition des cultures traditionnelles ou vivrières moins rentables. Même la viande dont l’Argentine est le plus gros consommateur au monde (69 kilos par an et par personne) doit être subventionnée par le gouvernement. Car la vente des bêtes en peso sur le marché intérieur ne rapporte rien par rapport au tourteau de soja payé en dollar par la Chine. Depuis la crise immobilière américaine, les flux financiers internationaux, alléchés par la rente agricole promise par cet «or vert» achètent des dizaines de milliers d’hectares et renforcent la concentration des terres. Aujourd’hui en Argentine, 20 % des agriculteurs du soja se partagent 80 % des cultures et 2 % concentrent la moitié de la production.
Mal expliqué. Intensive, très mécanisée et gourmande en engrais, la culture du soja transgénique a éjecté des campagnes les petits agriculteurs. Pour le gouvernement, la hausse des taxes à l’exportation avait deux objectifs : financer un programme de construction d’hôpitaux et de logements sociaux, et ralentir «l’extension de cette mauvaise herbe au détriment des aliments sur la table des Argentins». Cet essai a été très mal annoncé et expliqué. Il a entraîné une jacquerie ponctuée de manifestations de soutien spontanées dans les villes. Des rassemblements inédits depuis l’effondrement de l’Argentine en décembre 2001.
Jun 17
Posté par regis dans Uncategorized
Des milliers de personnes sont descendues dans la rue lundi soir dans plusieurs villes argentines pour soutenir le “campo”, la campagne argentine, qui proteste depuis plus de trois mois contre une hausse des taxes.A Buneos Aires et dans plusieurs villes de l’intérieur, des centaines de personnes se sont rassemblées en frappant sur des casseroles pour apporter leur soutien au mouvement des agriculteurs et réclamer une solution à un conflit qui s’est aggravé le week-end dernier après l’arrestation pendant quelques heures d’un dirigeant agricole.
Ces “cacerolazos”, protestations à grand renfort de casseroles, ont débuté en début de soirée et se poursuivaient dans la nuit, y compris devant la résidence de la présidente Cristina Kirchner à Olivos, dans la banlieue de Buenos Aires. La tension, déjà forte depuis samedi, s’est encore accrue après des déclarations lundi de Luis D’Elia, leader social “kirchnériste”, dénonçant l’existence d’un complot économique, fomenté par l’ancien président Eduardo Duhalde, adversaire de Mme Kirchner, bien qu’appartenant au péronisme, mouvement politique dont se réclame la présidente argentine.
Luis D’Elia, coutumier des déclarations chocs, a appelé les Argentins à se mobiliser mercredi, pour défendre la démocratie, à l’occasion d’un grand rassemblement des partisans de la présidente, prévu le même jour qu’une grande manifestation du “campo”.
La reprise décidée samedi de la grève des agriculteurs, la quatrième depuis le début du conflit en mars, pèse lourdement sur l’activité économique dans l’intérieur du pays et bloque également les exportations de grains, faute de renouvelement des stocks dans les silos du port de Rosario (centre-est), capitale de l’agro-alimentaire et principal débouché des exportations agricoles. Elle commence également à provoquer des problèmes de ravitaillement, notamment d’essence et de certains produits alimentaires, en raison des nombreux barrages bloquant plusieurs routes dans l’intérieur du pays par des agriculteurs en colère et des routiers, excédés de ne plus pouvoir travailler.
Les agriculteurs protestent, entre autres, contre une hausse de 25% de la taxe à l’exportation de soja, principale richesse agricole du pays, décidée le 11 mars par le gouvernement.
L’Argentine exporte normalement des produits agricoles et agro-alimentaires pour une valeur de quelque 35 milliards de dollars, soit plus de la moitié des exportations totales du pays (55 mds de dollars).
Elle est le premier exportateur mondial de farine et d’huile de soja, le troisième pour les graines de cet oléagineux, le second pour le maïs et le cinquième pour le blé.
L’Argus - Le constructeur automobile italien Fiat a annoncé
mercredi son intention d’investir 300 millions de dollars dans son
usine de Ferreyra (centre) en Argentine, pour fabriquer des moteurs et
des boîtes de vitesses.
Selon Alfredo Altavilla, gérant de Fiat Power Train
Technology, quelque 140.000 boîtes de vitesses pour les firmes
françaises Peugeot et Citroën seront fabriquées à partir de 2009 dans
cette usine, qui produira à partir de 2010 quelque 330.000 boîtes de
vitesse pour des véhicules Fiat.
Cet investissement permettra la création de quelque 600 emplois directs et quelque 1.800 indirects.
Avec 115.000 emplois au niveau national, le secteur
automobile argentin est en croissance constante avec quelque 545.000
véhicules produits en 2007, dont une grande partie pour l’exportation.
Il contribue à hauteur de quelque 19,8% au Produit intérieur brut (PIB)
industriel argentin.
Se dirige-t-on vers un match nul, en Argentine, dans le conflit opposant depuis plusieurs mois déjà agriculteurs et gouvernement argentin sur fond de hausse des taxes à l’exportation ? Après plusieurs mois de grèves, entrecoupées de négociations sans lendemain, cette histoire de gros bras pourrait effectivement avoir trouvé une issue, les principaux acteurs ayant en l’espèce annoncé leur retour à la table de négociations…
Il faut dire que le gouvernement argentin se retrouve actuellement dans une situation pour le moins incommode, tiraillé entre, d’une part, la nécessité de maintenir un niveau de croissance élevé afin d’apaiser un mécontentement populaire croissant, attisé par une répartition inégale des richesses, et, d’autre part, sa volonté de juguler une inflation galopante, jusqu’à présent scandaleusement sous-estimée par les chiffres officiels. A l’heure où la sphère agricole devient de plus en plus stratégique et ou les pressions inflationnistes enflent de part et d’autre de la planète, autant dire que la marge de manœuvre est ténue et, à cet égard, la reprise des négociations n’est pas anodine.
Mais par delà les aléas mouvementés de la politique intérieure argentine, l’on n’oubliera pas que le pays joue aujourd’hui un rôle clé sur le marché mondial des oléagineux : troisième exportateur de graines de soja, premier exportateur d’huile et de farine de soja. Et là est finalement l’essentiel : force est de constater que les cours des oléagineux ont été, à l’échelon mondial, soutenus en tendance par un simple conflit persistant, nouvelle preuve, parmi tant d’autres, des désordres causés par les barrières tarifaires et surtout de la fragilité de l’équilibre alimentaire mondial, après des décennies de sous-investissement et, on l’oublie trop souvent, de baisse tendancielle des cours…

l’Embraer MSJ, nouveau modèle de l’avionneur brésilien. (DR)
Classé troisième avionneur mondial derrière Boeing et Airbus, Embraer, constructeur brésilien, est spécialisé dans les avions civils, et construit également des avions de chasse, de télédétection et de transport d’autorités.Présente à travers le monde entier grâce à ses nombreuses filiales, comme la chinoise Harbin Embraer, l’entreprise jouit actuellement d’une forte croissance en multipliant les contrats de vente. Elle emploie, par ailleurs, près de 20000 travailleurs.
Fondée en 1969 par Ozires Silva, l’entreprise se développa principalement dans les années 1980 grâce à de nombreuses opérations de fusions, rachats et partenariats.Ainsi, en 1981 le groupe signe un partenariat avec l’Italie visant à élaborer l’avion de chasse d’attaque air-sol AMX. Cette opération fut dès lors considérée comme un saut technologique pour l’élaboration de nouveaux projets.
Par la suite, la société entrepris, en 1988, un projet binational avec l’argentin Lockheed Martin Aircraft Argentina SA. De cette collaboration naitra le CBA-123, sigle désignant la coopération Brésil-Argentine. Cependant, ces années de dynamisme économique laissèrent place, à la fin des années 80, à une situation de quasi-faillite pour l’entreprise, affectée par la grave crise financière du Brésil. Après avoir été vendue aux enchères, l’entreprise refit surface grâce à un processus de restructuration mené par Mauricio Botelho, qui la transforma en un géant du secteur.
Divers jets commerciaux virent le jour dans les années 2000, tels que le modèle ERJ-145, ou les lignes Embraer 170 et 190. En mai 2005, d’autres projets furent annoncé comme l’Embraer Phenom 300 ainsi que l’Embraer Phenom 100. Cette année, le salon d’exposition aéronautique EBACE de Genève, qui ouvrira ses portes les 20,21 et 22 mai 2008, présentera les deux nouveaux modèles du groupe, l’Embraer MSJ, et l’Embraer MLJ.
Le Figaro
May 19
Posté par regis dans Uncategorized
AFP - Huit groupes issus des pays émergents figuraient, à la fin 2007, parmi les 20 premières capitalisations boursières mondiales, relève une étude Ernst & Young sur la “mondialisation” publiée lundi.
“Les pays émergents ne sont plus seulement une destination pour les investissements occidentaux, ils ont su créer des +géants+ économiques qui, déjà très développés au niveau local, visent désormais les marchés internationaux”, résume le cabinet d’audit.
“Les entreprises des pays émergents représentent aujourd’hui 19% de la capitalisation boursière cumulée des 1.000 premières entreprises mondiales, contre 5% en 2000″, indique l’étude.
L’analyse met en parallèle les performances financières et boursières de 66 entreprises européennes, américaines ou japonaises avec celles de 32 entreprises de huit pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine, Arabie Saoudite, Argentine, Corée du Sud et Mexique).
Sur les 1.000 plus grosses capitalisations boursières mondiales, 221 viennent en 2007 de pays émergents, dont 8 parmi les 20 premières du classement, ajoute l’étude, sans citer lesquelles.
Les entreprises des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) représentent à elles seules 53% en nombre et 68% en valeur de ces 221 capitalisations boursières du Top 1000 mondial.
Par ailleurs, les performances opérationnelles et financières de ces “géants” des pays émergents sont “comparables, voire meilleures” que celles de leurs concurrents occidentaux.
Sur cinq ans, le taux de croissance annuel moyen du chiffre d’affaires des groupes de l’échantillon “pays émergents” est ainsi 2,9 fois plus important que celui des groupes de l’échantillon “pays développés”.
Leur marge opérationnelle moyenne s’élève à 25%, contre 14% pour les groupes comparables des pays développés et leur marge nette moyenne est de 16% contre 8%.
En termes de cours boursiers, la progression des groupes de l’échantillon “pays émergents” est 2,5 fois supérieure à celle des pays développés sur un an, ajoute Ernst & Young.
Selon le cabinet d’audit, “la montée en puissance et l’internationalisation croissante des +champions+ émergents représentent une source d’opportunités pour les pays occidentaux, capables de rendre leurs territoires suffisamment attractifs pour les investisseurs étrangers, d’où qu’ils viennent”.

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